AUTOMATION ET ROBOTICS

Informations

  • Date dʼentrée 12/09/2019
  • Lieu VERVIERS
  • Secteur dʼactivité
    Génie mécanique
  • Site Internet https://www.ar.be

Description

Fondée en 1983, Automation & Robotics (A&R) est leader mondial de la conception, de la fabrication et de la commercialisation de machines et d’instruments de contrôle de verres de lunette.

Témoignage

Christian Closset CEO

« Une référence mondiale dans la mesure des verres ophtalmiques »

L’entreprise Automation & Robotics fait partie de ces champions wallons méconnus du grand public. Elle conçoit, fabrique et commercialise des instruments de mesure pour les verres de lunettes. Ses équipements permettent de vérifier toute une série de paramètres : comme les distances de loin et de près, le prisme, l’épaisseur ou le diamètre des verres.   Cela concerne aussi bien les verres de prescription individualisés, que les verres de production de masse ou les montages en laboratoire de finition. Ces équipements sont vendus aux plus grands producteurs de verre ophtalmique, comme le français Essilor (qui détient 40% du marché), le japonais Hoya ou l’allemand Karlzeiss. Ils sont aussi vendus aux chaînes d’opticiens comme Luxottica, Grand Vision, Optique 2000…. Automation et Robotics est un leader dans sa niche : 70% des verres de prescription en Europe sont contrôlés et/ou tracés par ses machines.

« Le marché de l’optique ophtalmique est aux mains d’un petit nombre d’acteurs, explique Christian Closset, co-fondateur et CEO de l’entreprise. Nous fournissons tous les grands noms du secteur. Nous avons des concurrents dans le traçage des verres, mais dans le contrôle nous sommes les seuls. »

 Des machines de mesure « made in Belgium ».

C’est à Verviers que l’entreprise a été créé en 1983, c’est là qu’elle produit aujourd’hui encore l’essentiel de ses équipements et qu’elle assemble ses machines. Elle emploie chez nous une centaine de personnes, dont 15 sont dédiées à la recherche, car le secteur est en pleine évolution. Automation & Robotics exporte 99% de sa production, ce qui n’est pas étonnant puisqu’elle occupe un petit segment dans un marché de niche, elle a dû se diversifier géographiquement. Elle vend aujourd’hui ses équipements dans 65 pays du monde, tous ceux qui comptent des fabricants de lunettes, à vrai dire. Elle a créé 4 filiales : l’une en Chine où elle a monté un atelier d’usinage , l’autre en Thaïlande qui est gros producteur en lunetterie, ainsi qu’aux États-Unis et au Brésil. L’entreprise a dégagé en 2019 un chiffre d’affaire de 22,4 millions € . Elle a de l’ambition, elle n’a pas fini de grandir, comme le dit Christian Closset :

« le marché est en croissance, car certains pays doivent encore s’équiper. Et les équipements existant doivent être régulièrement remplacés, parce que la technologie évolue très vite. Les clients recherchent aujourd’hui le zéro défaut dans la production de verre optique. Autant de travail pour nous. »

Changer de propriétaire en douceur, avec le soutien de la SRIW.

Le père fondateur d’Automation et Robotics, Christian Closset, a tout pour être heureux. Si ce n’est qu’il a atteint l’âge de la retraite et qu’il veut progressivement céder la barre. Mais il refuse de  « lâcher son bébé » sans garantie.

« J’ai reçu des propositions d’industriels et de financiers pour racheter l’entreprise, explique-t-il, des fonds américains et hollandais sont venus me voir. Mais ils ne voulaient pas s’engager sur le maintien de l’activité en Belgique. J’ai refusé leurs propositions. »

Le CEO est d’autant plus méfiant qu’une consolidation est en cours dans le secteur, un Essilor vient par exemple de racheter le plus gros fabricant allemand de machines d’usinage. Pas question de devenir la proie d’un de ces grands acteurs étrangers. Christian Closset est allé frapper à la porte de la SRIW, il lui a demandé d’accompagner la reprise de sa société sur un modèle pour le moins original puisqu’il s’agit de céder le contrôle au management et au personnel lui-même. La SRIW a répondu à l’appel, même si le cas de figure était inédit.

Christian Closset reconnaît qu’aucun fond privé n’aurait pu s’engager sur une longue durée.

« Ils ont bien compris l’affaire, dit-il, et ils nous ont aidé à la résoudre. La SRIW a le même objectif que nous, c’est de maintenir l’emploi en Wallonie . Ici on va transmettre le contrôle de l’entreprise à ceux qui ont aidé à la créer. Cela valait le peine d’innover dans la formule. »